Le choix des bibliothécaires – 2

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Le choix des bibliothécaires – 2

Marion Muller-Colard, L’intranquilité, Paris, Bayard, 2016, 110 p., coll. J’y crois

Cote : 48 MUL

 

Marion Muller-Colard, bien connue par ses articles dans la presse, où elle s’efforçait d’aider ses lecteurs à découvrir la présence du Dieu de la Bible, dans les aleas de la vie de tous les jours. Elle se  révèle désormais comme un écrivain à part entière.

Dans ce nouveau livre , intitulé  L’intranquillité, elle lance à ses lecteurs ce titre provocateur, comme elle aime le faire dans les cercles bibliques qu’elle anime, pour provoquer des réactions et des discussions .

Sur la couverture du livre, le titre se détache très nettement , dans l’éclat d’un blanc qui s’affirme sur le  fond terne et grisâtre d’une étendue plate qui s’étale à perte de vue. C’est déjà tout un programme. Avec ce mot encore ignoré des dictionnaires, l’auteur prend la liberté d’en proposer,  non seulement la définition, mais encore l’intérêt et la portée de ce qu’il évoque .

Sans craindre d’affronter une tendance qui tend à s’affirmer dans le monde moderne, elle annonce d’emblée la couleur : elle écrit ( p. 31) “Aux tranquillisants, je préfère les intranquilles. Dérangés, dérangeants. J’aime leurs exigences, leurs insatisfactions”

Dans le cours du livre, elle va s’employer à justifier sa prise de position.

D’emblée, elle affirme : “J’ai connu l’intranquillité au berceau  La preuve , c’est que le nouveau- né se trouve affronté, sans préavis  aux assauts de l’air de la lumière et de bien d’autres encore”. Elle s’empresse d’ajouter : “Et, en vérité, vous aussi …” (p.11)

Elle reconnaît par ailleurs être particulièrement douée pour l’intranquillité. “Insubordonnée, questionneuse, pénible, inquiète.” (p. 19)

A son témoignage personnel, elle va savoir ajouter, pour renforcer sa cause de très nombreux témoignages, venus de tous les horizons de la culture, horizons que lui a ouverts  sa mère, libre penseuse sortie de mai 68. Encore l’intranquillité, évidemment.

Elle peut donc affirmer : “J’ai une affection particulière pour les intranquilles”, mais elle ajoute aussitôt, parce qu’elle se souvient de son père, un pasteur quelque peu contemplatif, et qu’elle aussi exerce, à ses heures la même charge : “Mais s’il est un livre qui selon moi, mérite d’être appelé le Livre de l’intranquillité, c’est l’Évangile.” (p. 37)

Il ne lui reste plus qu’a persuader ses lecteurs de cette vérité, pour elle évidente. Ce lui sera facile .

En vérité, l’Évangile commence dans la grande vulnérabilité d’un nouveau- né.” (p. 42). “Le Dieu de l’Évangile commence, en somme, comme nous finissons parfois nos fins de moi, sur la paille …”(p. 55) .

“Auparavant, l’Annonciation représentait déjà l’irruption brutale d’un messager inquiétant dans la vie d’une jeune fiancée.” (p. 43) Le oui qu’elle dit à l’ange ce jour- là est pure folie. C’est le oui au grand dépourvu. La première intranquille de l’Évangile c’est Marie. Elle est le réceptacle du grand saut de Dieu dans l’intranquille .

L’auteur de conclure :  “Si Dieu arrive au monde comme un nouveau- né, son projet ne peut pas nous préserver du risque de l’inquiétude. Avec l’Évangile, comme avec toute naissance, commence l’irréductible intranquillité.”

Et l’auteur ajoute, en conclusion de son livre, qui est aussi l’affirmation de sa foi : “ce qui me permet de suivre aujourd’hui Jésus comme maître, c’est précisément qu’il ne me promet pas l’évitement du risque.”

Et vive l’intranquillité  de la vie et aussi du chemin proposé par l’Évangile. Je voudrais tout au moins que ces quelques éléments vous donnent envie de recourir au livre entier, au risque de vous convertir vous aussi aux valeurs de l’intranquillité .

Claudine Collinet

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